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sábado, 30 de enero de 2016

Clair de lune

             La Bahía de Nápoles a la luz de la luna, Ivan Aivazovsky (1842)

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques,
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques;

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase, les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.


Paul Verlaine
(Fêtes galantes, 1869)

Versión al castellano de Un poema cada día

Claro de luna

Vuestra alma es un escogido paisaje,
Do bergamascas y preciosas máscaras
Van tocando el laúd y casi danzan
Tristes con sus excéntricos disfraces;

Cuando cantan en el modo menor
Al amor vencedor y la vida oportuna,
En su dicha no parecen creer
Y su canción se mezcla con el claro de luna,

Claro de luna calmo, triste, hermoso
que soñar hace a las aves en árboles
Y sollozar de éxtasis a los chorros,
Grandes chorros esbeltos entre mármoles.


(Fiestas galantes, 1869)

domingo, 11 de enero de 2015

Les coquillages

 
Pequeñas gaviotas a orillas del mar en Belle-Isle, Octave Penguilly L'Haridon (1858)

Chaque coquillage incrusté
Dans la grotte où nous nous aimâmes
A sa particularité.

L'un a la pourpre de nos âmes
Dérobée au sang de nos coeurs
Quand je brûle et que tu t'enflammes;

Cet autre affecte tes langueurs
Et tes pâleurs alors que, lasse,
Tu m'en veux de mes yeux moqueurs;

Celui-ci contrefait la grâce
De ton oreille, et celui-là
Ta nuque rose, courte et grasse;

Mais un, entre autres, me troubla.


Paul Verlaine
(Fêtes galantes, 1869) 

Versión al castellano de Un poema cada día

Las caracolas

Cada caracola incrustada
En la gruta donde nos amamos
Tiene su particularidad.

Una, la púrpura de nuestras almas
Hurtada a la sangre de nuestros corazones
Cuando yo me abraso y tú te inflamas;

Esta otra finge tu languidez
Y tu palidez cuando, fatigada,
Me culpas por mis ojos burlones;

Esta imita la gracia
de tu oreja, y aquella
tu nuca rosa, corta y lustrosa;

Pero solo una, entre todas, me trastornó.

(Fiestas galantes, 1869)

miércoles, 16 de enero de 2013

Mon rêve familier

   Ophelia, Arthur Hughes (1832-1915)

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème,
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? –Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Paul Verlaine
(Poèmes saturniens, 1866) 

Versión al castellano de Un poema cada día

Mi sueño familiar

Tengo a menudo un sueño extraño, penetrante
con una mujer ignota, que amo, y me ama.
Y no es, cada vez, ni del todo la misma
ni del todo distinta, y me ama y comprende.

Me comprende, y mi corazón, transparente
para ella sola, ¡ay!, deja de ser un problema,
para ella sola, y el sudor de mi pálida frente,
Solo ella lo sabe refrescar cuando llora.

¿Es morena, rubia o pelirroja? –Lo ignoro.
¿Su nombre? Me acuerdo de que es dulce y sonoro
como los de amados que la Vida exilió.

Su mirada es como la de las estatuas,
y, en su voz, lejana, calma y grave, tiene
la inflexión de caras voces apagadas.

(Poemas saturnianos)

domingo, 13 de mayo de 2012

Green

 
     Retrato de Verlaine, Eugène Carrière (1849-1906)

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches, 
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous. 
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches 
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux. 

J'arrive tout couvert encore de rosée 
Que le vent du matin vient glacer à mon front. 
Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée, 
Rêve des chers instants qui la délasseront. 

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête 
Toute sonore encore de vos derniers baisers; 
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête, 
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Paul Verlaine
(Romances sans paroles, 1874)

Aquí tenéis frutas, flores, hojas y ramas, 
y aquí tenéis mi corazón que solo late por vos.
No lo desgarréis con vuestras manos blancas
y que el humilde presente le sea dulce a vuestros ojos.
 

Llego cubierto aún de rocío
que el viento matutino viene a helar en mi frente.
Permitid que mi cansancio, a vuestros pies reposado,
anhele los queridos instantes que lo serenen.
 

Dejad que recline en vuestro joven seno mi cabeza
llena todavía del eco de vuestros últimos besos;
dejadla apaciguarse de la gran tempestad,
y que yo duerma un poco ya que vos reposáis.
 

(Romanzas sin palabras, 1874)
 

[Traducción al castellano de Carmen Morales y Claude Dubois]

martes, 8 de febrero de 2011

Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
..................De l'automne
Blessent mon cœur
D'une langueur
..................Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
.................Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
.................Et je pleure;

Et je m'en vais
Au vent mauvais
.................Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
..................Feuille morte.

Paul Verlaine
(Poèmes saturniens, 1866)


Versión en castellano


Canción de otoño

La queja sin fin
del flébil violín
................otoñal
hiere el corazón
de un lánguido son
................letal.

Siempre soñando
y febril cuando
...............suena la hora,
mi alma refleja
la vida vieja
...............y llora.

Y arrastra un cruento
perverso viento
..............a mi alma incierta
aquí y allá
igual que la
..............hoja muerta.


[Traducción al castellano de Emilio Carrere, Poemas saturnianos, Ed. "Mundo Latino", Madrid, 1921.]

jueves, 26 de febrero de 2009

Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville.
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écœure.
Quoi! nulle trahison?
Ce deuil c'est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine
(Romances sans paroles, 1874)


Versión en castellano de Un poema cada día

Llora en mi corazón
Como llueve en la ciudad.
¿Qué languidez es esta
Que penetra en mi corazón?

¡Oh, ruido dulce de la lluvia
En la tierra y en los tejados!
Para un corazón hastiado,
¡Oh, el canto de la lluvia!

Llora sin razón
En este corazón que se aburre.
¡Qué! ¿Ninguna traición?
Este duelo no tiene razón.

¡Es la peor pena
No saber por qué,
Sin amor y sin odio,
Mi corazón siente tanta pena!
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